Les éditions B.Budrich publient un rapport volumineux sur les causes et conséquences de la mobilité professionnelle et géographique en Europe :

  • Quelles sont les caractéristiques de la mobilité des Européens ?
  • Quel est l'impact de la mobilité professionnelle sur la qualité de vie ? la vie familiale ? les relations sociales ?

Pour la première fois, des réponses basées sur une étude pan-européenne sont apportées. Avec l'objectif de publier régulièrement des extraits du rapport dans ce blog, nous tenterons d'y voir un peu plus clair sur ce vaste sujet.

Premier extrait : les Français sont-ils plus ou moins "mobiles" que leur voisins européens ?

Les Français ne sont pas foncièrement attirés par une expérience de mobilité géographique et professionnelle. Près de 2 Français sur 3 ne souhaitent pas connaître une phase de mobilité qu'elle que soit sa nature (déménagement, longue période d'absence, aller-retour pendulaire...). Seulement 11% imaginent déménager dans une autre région, soit 8% de moins que la moyenne européenne. L'Allemagne est le pays où l'envie de mobilité est la plus forte. Là-bas, seulement 38% des habitants ne trouvent pas de raisons valables à ne pas vivre une mobilité.

Une des raisons évoquées par les auteurs pour expliquer ce manque d'enthousiasme, repose sur notre indéfectible aspiration à rester libre et à entrer en lutte. Comparé aux autres pays européens, nous apparaissons comme un peuple qui n'hésite pas à s'opposer au monde politique et aux entreprises. Depuis la révolution française, il semblerait que nous mettions beaucoup d'énergie, de conviction et de fierté à défendre nos intérêts... à descendre dans la rue à la moindre occasion ! Cet activisme sociale a renforcé le pouvoir des salariés français et leur permet d'imposer leurs "normes" au monde économique. La mobilité étant plutôt un thème défendu par les entreprises, les Français chercheraient ainsi à s'y opposer avec a-priori.

Les Allemands et les Anglais se sont au contraire adaptés avec plus de souplesse aux diktats de l'économie néo-libérale. En Allemagne et au Royaume-Uni, les chefs d'entreprise sont beaucoup plus respectés qu'en France. C'est la raison pour laquelle les employés acceptent plus facilement les changements de vie qui leur sont éventuellement imposés.

La paradoxe français : être contre la mobilité et la vivre quand même !

Paradoxalement, les Français déménagent plus que les Européens pour des raisons professionnelles (27% des Français interrogés déclarent avoir dû déménager au-moins une fois dans leur carrière professionnelle). De là à dire que les Français ne font jamais ce qu'ils disent... il n'y a qu'un pas que les auteurs n'ont pas osé franchir.

Prochain article : les bénéfices et les inconvénients perçus de la mobilité.