Seafrance est un exemple révélateur des difficultés pour un salarié d'accepter une mobilité géographique. On parlera ici de mobilité subie.

Rappel des faits.

La SNCF, maison mère de la compagnie Seafrance menacée de liquidation, s'engage (1) à proposer des solutions à «l'ensemble des salariés», sous condition de mobilité géographique et de changement de métier pour la plupart.

Quelques commentaires vus sur internet suite à cette annonce.

  • Le point de vue du secrétaire CFDT du CE de SeaFrance :

"Ma ville c'est Calais, je ne vois pas aller conduire un bus à Strasbourg" indique -t-il sur France Info.

  • Le commentaire d'un lecteur du Figaro

"Ils ont bien de la chance d'être reclassés !!! Ce n'est pas le cas de tous les licenciés."

  • Un point de vue plus nuancée d'une gérante de SCOP (Clémentine Autain, Regards)

"Je comprends que, à Seafrance et ailleurs, certains hésitent. Ces temps de chômage massif et de précarité ne sont pas les plus favorables pour l'élaboration de projets (...). L'insécurité régnante conforte le repli et la peur ; elle mine la créativité et la mobilité. "

Conclusion :

Plutôt que de chercher à imposer en force au dernier moment une mobilité géographique, il aurait mieux valu l'anticiper et aider les salariés de Seafrance à franchir le pas. Pas seulement, en leur proposant des primes ou des indemnités comme c'est souvent le cas mais en les accompagnant sur le plan psychologique, en matière de logement (lire à ce propos un article sur le "bail mobilité") et de manière très pratique dans toute la phase de déménagement et d'intégration dans leur nouvelle ville (cf le pack mobilité changerdeville.fr).

(1) A noter que comme Seafrance appartient au Groupe SNCF, l'employeur (la SNCF) est obligé de par la Loi de rechercher un reclassement dans l'ensemble des établissements du Groupe avant le licenciement. La proposition de reclassement n'est donc pas d'un "cadeau" fait aux salariés de Seafrance mais la conséquence d'une obligation légale.