Selon une récente étude du CREDOC, plus des 2/3 des actifs refuseraient un meilleur emploi que celui qu’ils occupent actuellement si cela devait les obliger à déménager en occasionnant un surcoût financier.
Dit autrement, les dépenses causées par un déménagement associées aux risques d'un logement plus cher que celui occupé seraient supérieures à l'espérance d'une augmentation de salaire. Ainsi, sur les 4,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, on estime que 500 000 ont renoncé à un poste pour ne pas avoir à supporter un surcoût financier en matière de logement (soit 11 % des personnes en recherche d’emploi).

Mobilité : une plus forte réserve de la part des propriétaires.
Les jeunes (54 %), les emplois précaires (60 %) et les locataires (54 %) sont moins réticents à déménager que les propriétaires de leur logement (80 %), les salariés des grandes entreprises (78 %), les personnes en poste depuis plus de 20 années (77 %) et les couples bi-actifs (76 %).
Les Français ne sont pas autant attachés à leur lieu de résidence.
L'attachement à son lieu d'habitation a souvent servi d'explication à la faible mobilité géographique et professionnelle des Français alors que plusieurs études avaient déjà démontré que nombre d'entre eux étaient prêts à changer de région.
Le Crédoc apporte une fois de plus la preuve qu'il n'en est rien : 75 % des personnes en âge de travailler indiquent que, si elles avaient des difficultés pour trouver un emploi, accepteraient de déménager dans une autre commune de leur département; 61 % changeraient de région et 38 % envisageraient même la possibilité de partir à l’étranger.
A noter qu'une fois de plus, les personnes propriétaires de leur logement déclarent moins souvent, en moyenne, qu’elles sont susceptibles de déménager en cas de chômage prolongé. Un résultat qui confirme les études de l'économiste Andrew Oswald qui montre que les pays où le taux de propriétaires est le important sont également ceux où le taux de chômage est le plus élevé
L'envie de mobilité dépend des temps de trajet.
51 % des actifs occupés refuseraient l’opportunité d’un meilleur emploi que le leur si cela devait se traduire par une augmentation de 30 minutes du temps de transport pour se rendre à leur travail. La proximité avec le lieu de travail est ainsi le deuxième critère de choix d’un logement (41 % des réponses), après la qualité de l’habitation (53 %) et au même niveau que le cadre de vie dans le quartier (41 %).
Le logement n'est pas le seul frein à la mobilité !
Conclusion de l'étude du Crédoc : pour se protéger de la hausse du coût du logement, nombreux sont ceux qui préfèrent éviter un changement de résidence. En définitive, le logement a pris une telle place dans la vie de nos concitoyens que leurs arbitrages se font parfois au détriment de l’emploi d'où la nécessité de développer les dispositifs d’aide au logement pour fluidifier le marché du travail.
Si on ne peut qu'être d'accord avec cette conclusion, le Crédoc oublie que le succès d'une mobilité dépend aussi de l'entreprise elle-même, du rôle qu'elle va jouer, des moyens qu'elle va mettre en place pour faciliter sa mise en oeuvre. Une mobilité géographique représente nécessairement une prise de risque pour le salarié qui déménage. C'est aussi à l'entreprise de l'aider dans son changement de vie en mettant en place des processus d'accompagnement qui ne se réduisent pas à l'aide au logement (cf notre initiative de mise en place d'un Pack Mobilité).
Source : CRÉDOC, Enquête « Conditions de vie et Aspirations », début 2011.
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