Marcopolis, comprendre la mobilité

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dimanche 20 mars 2011

Les motivations à l'expatriation sont-elles liées à l'âge ?

Une étude internationale du cabinet de recrutement Kelly Service tente de nous éclairer sur les différences de perception de la mobilité professionnelle en fonction de l'âge. On aurait pu s'attendre à des différences notables mais il n'en est rien : quel que soit l'âge, les résultats restent globalement homogènes.

Les points abordés :

  • Motivation à déménager pour répondre à une opportunité d'emploi
  • Destinations géographiques les plus attractives
  • Freins et durée maximale de l'expatriation

Est-on prêt à déménager pour une opportunité professionnelle ?

  • Oui, pour les 3/4 des personnes interrogées. 34% d'entre elles seraient même prêtes à s'expatrier.
  • C'est sans surprise la génération Y qui est la plus ouverte à vivre une mobilité géographique : 85% des répondants.

Génération Y = les 18-29 ans, X = les 30-47 ans, baby-boom = les 48-65 ans.

Quels sont les pays les plus attractifs ?

  • L'Europe arrive en tête avec 46% des réponses, suivie par l'Amérique du Nord (20%)

Pendant quelle durée est-on prêt à s'expatrier ?

  • Il semble que le choix de déménager à l'étranger soit plus lié à la volonté de bénéficier d'une expérience professionnelle internationale qu'à celle de s'installer définitivement dans le pays de destination : 57% des personnes interrogées ne souhaitent pas y habiter plus de 3 ans.

Quels sont les principaux obstacles ?

  • La distance avec la famille et les amis : principal frein pour 58% des personnes
  • Le coût du déménagement : 18%
  • La barrière de la langue : 13%
  • Les différences culturelles : 5%

''Source : talent mobility, Kelly Global Workforce, mars 2011. Près de 100 000 personnes interrogées dans 30 pays
Télécharger l'étude compléte''

lundi 21 février 2011

Vivre en mobilité : impact sur la qualité de vie.

Septième volet du rapport "Living Mobile Across Europe".
La mobilité géographique a-t-elle un effet négatif ou positif sur la qualité de vie de ceux qui la vivent ? Procure-t-elle des bénéfices qui contre-balancent les contraintes ou inconvénients nés de celle-ci ? Un chapitre entier est consacré à ce sujet dans le rapport "Mobile Living across Europe" mais les auteurs n'aboutissent à aucune conclusion concrète. Avec humilité, ils élaborent différentes hypothèses sans pouvoir les démontrer. Le principal intérêt de ce chapitre réside donc plus dans les thèmes abordés que dans les réponses obtenues.

Etre mobile, c'est potentiellement s'exposer à une série de difficultés :

  • La santé est-elle détériorée ? Est-on plus stressé ? Subit-on une période de déprime ou de dépression ?
  • Est-on plus satisfait de sa situation professionnelle et financière ?
  • Notre situation familiale est-elle plus stable ? Les relations avec le conjoint ou les enfants ont-elles été modifiées ? Les enfants ou le conjoint connaissent-ils des difficultés ?

Pas de "grandes" règles mais quelques résultats éclairants :

  • Selon une étude allemande, les personnes ayant déménagé depuis moins d'un an et demi développent de toute évidence un risque au stress plus élevé que celles qui ont déjà déménagé depuis plus d'un an et demi. Ceci s'explique par une assez longue période de fragilité après le déménagement, angoisse qui tend à diminuer graduellement par la suite.
  • Si la majorité accepte une mobilité professionnelle pour des raisons financières, paradoxalement peu perçoive un gain réel après l'avoir vécue. La mobilité ayant un coût, on peut voir ses revenus augmenté tout en devant faire face à une baisse réelle ou perçue de son pouvoir d'achat.
  • Enfin, les "adeptes" des déplacements pendulaires (plus de 2 heures de transport par jour) sont plus souvent malades, absents et stressés. Ils sont en moyenne beaucoup moins satisfaits de leur vie que les individus n'étant pas contraints à cette forme de mobilité souvent épuisante.

Voir le sixième volet du rapport sur les différences culturelles de la mobilité en Europe.

samedi 29 janvier 2011

Vivre en mobilité : mobilité et parcours de vie.

Quatrième extrait du rapport "Living Mobile Across Europe".

Mobilité géographique ou absence de changement ? Face à ce questionnement, l'individu pèse généralement le pour et le contre des deux situations avant de prendre sa décision. Mais il y a un autre facteur qui peut orienter son choix : son parcours de vie, c'est à dire les différentes étapes de son histoire social. Les auteurs citent l'exemple du divorce. Ainsi, une personne qui a déjà connu un divorce aura plus de chance de divorcer que quelqu'un qui n'a jamais divorcé.

1er enseignement : la probabilité de vivre une mobilité varie en fonction du sexe et de la présence ou de l'absence d'enfants.

Les femmes qui vivent sans enfant sont très mobiles entre 16 et 35 ans, en particulier celles qui ont déjà connu des déménagements. En revanche, les hommes rencontrent la mobilité plus tardivement. Un phénomène qui s'explique par la volonté des femmes de quitter plus rapidement le foyer de leurs parents que les hommes. Autre conséquence soulignée par les auteurs : plus on connait précocement une mobilité, plus on aura des enfants tardivement. Sur le même principe, plus ses revenus sont élevés, plus un individu connaîtra rapidement une phase de mobilité. De même, il existe une forte corrélation entre le niveau d'étude et la rapidité de démarrage d'une trajectoire de mobilité.

2ème enseignement : plus on a été mobile, plus on le sera.

On peut se demander si un individu ayant connu de nombreuses expériences de mobilité sera plus ouvert à un nouveau déménagement ou au contraire, par "épuisement", refusera de déménager à nouveau. En d'autres termes, comment les mobilités passées orientent les mobilités futures ? L'étude démontre que les adeptes de la mobilité deviennent rapidement des experts. Ils considèrent que la mobilité représente une solution naturelle pour accroître leur réussite sociale. Ceci explique l'accélération des inégalités entre individus mobiles et non-mobiles : les très mobiles par leurs capacités à saisir les opportunités de changement atteignent des niveaux de vie auxquels les non-mobiles auront plus de mal à accéder du fait de leur inquiétude face à une mobilité rendue difficile car non expérimentée.

Sauf à considérer que la mobilité est un facteur d'éclatement de la cellule familiale (ce qui ne semble pas être le cas comme nous le verrons dans un prochain extrait), on devrait tous voir la mobilité comme une opportunité sociale plutôt que comme un poison déstructurant.

Voir le troisième extrait du rapport sur les différences culturelles de la mobilité en Europe.

dimanche 9 janvier 2011

Vivre en mobilité : la culture de la mobilité à l'épreuve du terrain.

Troisième extrait du rapport "Living Mobile Across Europe".
Dans les années 70, les bénéfices de la mobilité qu'elle soit liée à des individus, des biens ou des activités faisait l'objet d'un large consensus. A cette époque, l'ensemble des acteurs du monde économique, social et politique considéraient que la mobilité était un facteur de progrès. Aujourd'hui encore, beaucoup estiment que pour être en phase avec les exigences du nouveau capitalisme, nous devons rester intellectuellement et géographiquement ouverts au changement et à la mobilité : chacun devrait saisir les nouvelles opportunités au moment où elles se présentent.
Mais si la société nous encourage à la mobilité, qu'en pensent les individus eux-mêmes ? "Il me semble", disait Baudelaire, "que je serai toujours plus heureux ailleurs que là où je suis". Qu'en est-il réellement ?

Première enseignement du rapport : les avis sur la mobilité sont nuancés.

Afin de mesurer les attitudes individuelles face à la notion de mobilité, les auteurs du rapport ont analysé différentes combinaisons associant les 3 variables suivantes :

  • L'attachement à l'endroit où l'on habite
  • L'acceptation ou le refus de vivre une mobilité professionnelle
  • La priorité donnée à sa carrière professionnelle ou au contraire à sa famille

Peu de personnes refusent catégoriquement de vivre une mobilité et accordent dans le même temps la priorité à leur famille tout en étant très attachées à l'endroit où ils habitent (moins de 17% de l'échantillon interrogé). Le % de personnes qui sont à la fois extrêmement positifs vis-à-vis de la mobilité professionnelle, d'un éventuel déménagement et qui donnent la priorité à leur carrière est quant à lui extrêmement faible (environ 1% de l'échantillon). La majorité des avis recueillis sont donc bien plus nuancés.

Quels sont les profils les plus répandus.

* Les inexpérimentés et les opposants : il s'agit des personnes n'ayant jamais connu de mobilité géographique et ceux qui ont été un jour ou l'autre en position de vivre une mobilité mais qui l'ont finalement refusée. Ils expriment majoritairement des avis très négatifs vis-à-vis de la mobilité, soit par conviction, soit par inquiétude vis-à-vis d'une éventuelle situation qu'ils n'ont jamais vécue. Les femmes sont sur-représentées dans cette population; il en est de même, mais dans une moindre mesure, des demandeurs d'emploi et des personnes ayant un faible niveau d'étude.

* Les pendulaires et jeunes nouveaux arrivants : ils sont rarement positifs vis-à-vis de l'idée de mobilité même s'ils l'ont pratiquée ou ont accepté des distances de trajet importantes entre leur travail et leur domicile.

* Les non-mobiles favorables : ils sont très positifs vis-à-vis de la mobilité mais ne l'ont jamais connue. Les célibataires ou PACsés sont majoritaires dans ce groupe.

* Les mobiles favorables : ils pratiquent activement la mobilité et y sont très favorables. Ce sont plutôt des hommes, jeunes (25-35 ans), sans enfants et ayant fait des études supérieures.

La culture de la mobilité ne s'est pas encore traduit dans les faits en Europe.

Alors que la majorité de l'échantillon de personnes interrogées estiment qu'il est "normal" qu'un employeur attende de ses salariés qu'ils soient mobiles (66%), peu d'entre eux vivent aujourd'hui une mobilité (environ 15%). En terme socio-démographique, le principal clivage entre les partisans et les opposants à la mobilité est lié à la présence ou à l'absence d'enfants dans le foyer. Mais, là où ceux qui pratiquent une mobilité quotidienne (longs temps de trajet) vivent leur mobilité avec l'inquiétude de nuire à leur vie familiale, ceux qui ont récemment déménagé sont plus optimistes. Conclusion : pour la stabilité familiale, mieux vaut parfois déménager que de faire des aller/retour longs et incessants entre son logement et son lieu de travail.

Vivre en mobilité : les avantages et inconvénients perçus.

vendredi 31 décembre 2010

Vivre en mobilité : les avantages et inconvénients perçus.

Second extrait du rapport "Living Mobile Across Europe".
Bien souvent l'analyse des avantages et inconvénients de la mobilité géographique repose sur des hypothèses théoriques sans que celles-ci n'aient été confrontées à la réalité des témoignages. Les auteurs du rapport ont donc décidé d'interroger près de 2 500 personnes pour leur demander comment ils vivaient leur mobilité.

Les pendulaires manquent de temps.

L'expression "pendulaire" désigne les déplacements quotidiens des personnes de leur domicile à leur lieu de travail et inversement. Dans l'étude, seules les personnes dont le trajet était supérieur à 2 heures ont été prises en compte.

  • Les pendulaires déclarent apprécier une meilleure qualité de vie que celle qu'ils auraient connu s'ils avaient dû déménager : leurs enfants peuvent grandir dans leur environnement habituel (80% des pendulaires expriment cet avantage), ils n'ont pas à quitter leurs relations et amis (71%) et ils n'ont pas à abandonner leur logement (71%). Des résultats qui n'ont rien de surprenants quand on sait que les pendulaires ont majoritairement plus de 40 ans, vivent en famille avec des enfants et sont propriétaires de leur logement.
  • En revanche, ils regrettent leur manque de temps libre (49%) et estiment être souvent fatigués (57%) ou stressés (63%). Ils se plaignent de ne pas pouvoir passer suffisamment de temps avec leur conjoint et leurs enfants.
  • Le % de réponses négatives augmentent significativement chez les personnes dont le déplacement quotidien est supérieur à 1h15 par trajet (2h30 par jour). En revanche, les personnes qui connaissent une pendularité depuis plusieurs années tendent à la vivre plus positivement.

Les couples géographiquement éloignés déclarent vivre plus intensément leur relation.

Les auteurs entendent par couples géographiquement éloignés, ceux qui ont décidé de disposer chacun de leur propre logement pour des raisons professionnelles.

  • 66% d'entre eux considèrent qu'il n'y a pas d'autres solutions pour préserver leur emploi. 84% estiment qu'un double-logement représente la meilleure solution pour éviter de déracinement de leurs enfants. 80% d'entre eux se sentent très indépendants et les 3/4 apprécient d'autant plus le temps qu'il passe avec leur conjoint.
  • Sans surprise, les coûts liés au double-logement (loyers, remboursements d'emprunt, frais de déplacement entre les deux logements) représentent le principal inconvénient perçu. A noter que l'étude n'indique pas le nombre de couples qui ont divorcé après avoir vécu éloignés.

Les familles venant de déménager vivent positivement leur nouvelle situation.

Il s'agit des personnes qui ont déménagé à plus de 50 Km de leur domicile d'origine au cours des 3 dernières années.

  • Ils considèrent que leur mobilité les a rendu plus indépendants (pour 81% d'entre eux) et 69% estiment que le fait de déménager est amusant ("fun") en soi. Les 3/4 ont déménagé pour des raisons professionnelles, soit pour augmenter leurs revenus, soit pour occuper un emploi plus intéressant. 78% sont finalement très satisfaits de leur choix estimant qu'il leur a permis d'améliorer leur qualité de vie.
  • Comparé aux autres catégories de personnes connaissant une forme de mobilité, ils sont très peu à attribuer des inconvénients à leur nouvelle situation. Certains se plaignent néanmoins d'une certaine fatigue ou de périodes de stress et estiment négliger parfois leur cercle relationnel. En revanche, un éventuel manque de temps à consacrer au conjoint ou aux enfants n'est pas souligné. A noter que les femmes vivent un peu moins bien leur déménagement que les hommes : elles se sentent souvent seules et souffrent de l'éloignement avec leurs proches.


Voir la première partie du rapport sur les différences culturelles de la mobilité en Europe.

lundi 19 juillet 2010

La mobilite des Europeens progresse.

Selon une enquête Eurobaromètre sur la mobilité géographique en Europe, 11 millions des Européens vivent et travaillent dans un autre pays de l'UE que leur pays d'origine, une progression de 54% en 5 ans .

En 2010, 2.3 % des citoyens de l’Union Européenne résident dans un autre Etat membre que celui dont ils sont des ressortissants. Ils sont 17 % à envisager de travailler à l’étranger. Ce sont les Baltes et les Scandinaves qui sont les plus enclins à travailler dans un autre pays. En ce qui concerne les Français, ils sont 25% a déclaré être prêts à vivre une mobilité au sein de l'Union Européenne, ce qui situe notre pays dans la moyenne supérieure. Ce chiffre monte à 66% quand on demande aux Français s'ils seraient disposés à déménager vers une autre région ou un autre pays s'ils deviennent sans emploi et ont des difficultés à trouver un emploi dans leur pays.

Pourquoi déménager ?

La recherche d'une nouvelle vie et l'opportunité de rencontrer de nouvelles personnes est la raison la plus souvent citée par les Français (36% vs 20% en moyenne), viennent ensuite de meilleures opportunités de carrière (32% vs 23 % en moyenne), puis autour de 20% : de meilleures conditions de travail, une meilleure qualité de vie, la possibilité de trouver un emploi plus facilement ou d'améliorer ses compétences professionnelles.

A noter que la majorité des répondants qui envisagent de travailler à l’étranger (55%) ont des amis ou des membres de leur famille qui habitent dans le pays de leur choix, qui sont susceptibles de les aider ou de leur fournir des informations.

Les Etats-Unis (20 %), le Royaume Uni (16 %), l’Australie (15 %) l’Espagne (13 %) et l’Allemagne (12 %) sont les pays où les Européens aimeraient le plus travailler.

Les obstacles pratiques (dans l'ordre d'importance)

  • Se sentir bien là où on est : 29% pour les Français vs 39% en moyenne
  • Le souhait de ne pas imposer de changement à sa famille : 28% vs 27% en moyenne
  • La méconnaissance de la langue du pays d'accueil ou la nécessité d'apprendre une nouvelle langue : 25% vs 19% en moyenne

A noter que la nécessité de quitter sa maison ne représente un frein que pour 12% des Français alors que ce score atteint 27% en moyenne pour les Européens.

Conclusion de l'étude :

"Bien que d’une manière générale les Européens s’accordent à dire que la mobilité est une bonne chose et qu’ils apprécient leur droit de vivre et de travailler dans un autre pays de l’UE, la majorité d’entre eux n’a établi aucun plan pour exercer ce droit dans un futur proche".

Eurobaromètre sur la mobilité des travailleurs. Etude réalisée en septembre 2009 auprès d'une population de 15 ans et plus.
Etude sur la mobilité des Européens.