Quoi de neuf dans le domaine de la mobilité du travail en Europe?
L'émergence d'une culture de la mobilité internationale chez les jeunes diplômés est une bonne nouvelle pour les départements des Ressources Humaines des grands groupes qui envoient leurs talents dans le monde entier. Cependant, experts et praticiens soulignent la nécessité pour les entreprises d'harmoniser leurs politiques européennes de mobilité avec leur style managérial, car ce sont les valeurs de l'entreprise que véhiculent ses employés expatriés.
Développer la culture de la mobilité, des plus jeunes aux plus âgés
Chaque année, moins de 0,5 % des Européens en âge de travailler déménagent dans un autre pays. Pourtant, si Hubert Krieger, responsable de recherche à la European Foundation, souligne l'émergence d'une culture de la mobilité chez les jeunes grâce aux programmes d'études à l'étranger tels qu'Erasmus, il suggère d'y « chercher l'inspiration pour rendre des schémas de ce type disponibles tout au long de notre vie professionnelle ».
Le voyage initiatique du cadre dirigeant
Travailler à l'étranger est une étape incontournable pour la carrière de tout futur manager, mais cela ne suffit pas en soi. « Les responsables des ressources humaines doivent envisager la mobilité du travail d'un point de vue géographique, fonctionnel et divisionnel » affirme Franck Bournois, professeur à l'université Panthéon-Assas Paris II. La mobilité géographique va de soi, mais les futurs dirigeants doivent aussi franchir d'autres frontières (entre la vente et le marketing, la comptabilité et la finance) pour aiguiser leurs compétences générales de management. Enfin, s'ils doivent un jour reprendre le flambeau de la vision stratégique du groupe, ils doivent être capables de passer d'une unité commerciale à l'autre.
Mobilité du travail : mobiles... même dans leur propre pays !
Sur les sites pétroliers du monde entier, Schlumberger compte sur ses ingénieurs de première classe et a lancé pour eux un statut spécial « mobilité internationale » qui permet à Schlumberger de se défaire de la notion d'expatriation au fur et à mesure que la mobilité devient une deuxième nature pour ses ingénieurs. « Qu'ils travaillent dans leur pays d'origine ou à l'étranger, ils sont considérés comme "résidents" » explique Fabrice Bouchaud, directeur Ressources Humaines, Clientèle et Transactions du groupe Schlumberger.
Contact ADP : emmanuelle.bugeant@europe.adp.com