Marcopolis, comprendre la mobilité

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jeudi 30 janvier 2014

Mobilité et logement ne font pas bon ménage

Une fois encore, un "expert" met en exergue la difficulté de trouver un logement comme un frein à la mobilité. Extrait de l'interview de Philippe Villemus pour Atlantico.

Quand on habite dans une région réellement sinistrée, avec une activité à plat, quel est le moyen le plus crédible, au niveau individuel, de se sortir du chômage ?

Philippe Villemus : Le déménagement est, à court terme, la meilleur des solutions, la plus efficace, selon moi. Ou alors il faudrait espérer une vraie politique de décentralisation répartissant mieux les activités, mais cela ne se fera qu'à très long terme.

Mais même si la mobilité géographique s'accroît en France et est donc une bonne solution individuelle, elle reste malheureusement faible, et cela à cause du prix de l'immobilier. On pointe souvent du doigt des emplois non pourvus dans certaines régions alors que des chômeurs habitent dans d'autres, mais il est très difficile de dire à un Languedocien par exemple de venir s'installer à Paris. Ce n'est pas seulement pour des raisons culturelles : quand vous habitez une région en difficulté et que vous voulez partir dans une région de forte activité, soit vous êtes propriétaire, vendrez votre maison pas cher et ne trouverez pas de logement à acheter, soit vous êtes locataire et le prix que vous allez devoir payer pour vous loger va fortement, si encore vous trouvez quelque chose. C'est un problème auquel l'Allemagne, à la population déclinante et qui connaît donc stagnation de l'immobilier, ne se trouve pas confronté.

Lire tout l'article.

samedi 3 septembre 2011

Les Français et la mobilité : le logement au coeur des enjeux.

Le CRÉDOC a mené une enquête auprès des ménages, cherchant à évaluer l’importance du facteur logement dans les arbitrages professionnels de nos concitoyens.

L'institut d'étude a en particulier cherché à répondre aux deux questions suivantes :

  • Dans quelle mesure les choix professionnels sont liés au lieu d’habitation ?
  • Les Français sont-ils disposés à déménager en cas de difficultés pour trouver un emploi ?

70% des actifs refuseraient une opportunité professionnelle si cela les obligeait à accroître leurs dépenses de logement.

"La pression financière est telle que 70% des actifs déclarent qu’ils refuseraient un emploi meilleur que celui qu’ils occupent actuellement si cela devait occasionner un déménagement conduisant à une hausse de leurs dépenses de logement (frais d’agence et de mutation, nouveau logement trop cher, etc.). L’espérance de gain salarial ne semble pas compenser la crainte de devoir dépenser plus pour se loger et, finalement, beaucoup préfèrent ne pas bouger."

credoc-emploi

Les jeunes (54%), les emplois précaires (60%) et les locataires (54%) sont moins réticents à déménager que les propriétaires de leur logement (80%), les salariés des grandes entreprises (78%), les personnes en poste depuis plus de 20 années (77%) et les couples bi-actifs (76%).

Les Français ne sont pourtant pas viscéralement attachés à leur territoire.

"Nos concitoyens sont souvent décrits comme très attachés à leur région d’origine et profondément enracinés dans leur territoire. Ils seraient peu disposés à accepter de bousculer leurs habitudes en déménageant pour décrocher un emploi : certains analystes pointent là un frein au retour à l’emploi des chômeurs. Ce cliché n’est pas confirmé par l’enquête : 75% des personnes en âge de travailler indiquent que, si elles avaient des difficultés pour trouver un emploi, elles seraient prêtes à déménager dans une autre commune de leur département ; 61% seraient même disposées à changer de région et 38% envisagent la possibilité de partir à l’étranger.

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Conclusion

Le logement a pris une telle place dans la vie de nos concitoyens que leurs arbitrages se font parfois au détriment d'une mobilité géographique et professionnelle.

Un constat au moment où l'Etat est sur le point de prélever une partie des ressources d'Action Logement pour renflouer les caisses de l'Agence pour la rénovation urbaine et de l'Agence nationale de l'habitat.

L’enquête a été réalisée en « face à face », entre décembre 2010 et janvier 2011, auprès d’un échantillon représentatif de 2 006 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas.

vendredi 22 octobre 2010

Les logements HLM freinent la mobilité.

L'ensemble des études sur le logement réalisées depuis 20 ans confirment que l'âge, le revenu, le niveau de formation, la structure familiale et les caractéristiques du logement représentent les principales clés d'analyse et de compréhension de la mobilité résidentielle. Les opportunités d'emploi apparaissent finalement comme un critère peu significatif pour expliquer les mobilités de courte distance comme de longue distance.

Un rapport de deux économistes soulignent qu'en matière de logement, habiter en HLM n'est pas propice à vivre une mobilité de longue distance. La crainte de perdre le bénéfice de son loyer modéré représente un frein significatif pour les locataires HLM. En vivant une mobilité lointaine, le ménage "HLM" prend le risque de ne pas retrouver un loyer équivalent. Ce risque est en revanche plus limité dans le cadre d'une mobilité de courte distance puisqu'une nouvelle demande de loyer social pourra être effectuée au sein du même organisme ou bailleur. Les chances de retrouver rapidement un logement seront alors nettement accrues.

Lire aussi : les propriétaires et la mobilité géographique.

Sources : Thierry Debrand, économiste à l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), était chargé d’études à l’Union sociale pour l’habitat au moment de la rédaction de cet article. Claude Taffin est directeur des études économiques et financières de l’Union sociale pour l’habitat. Facteurs explicatifs de la mobilité

vendredi 8 octobre 2010

La mobilité au centre de tous les débats.

Dans un rapport publié jeudi, le Centre d'analyse stratégique (un organisme directement rattaché au Premier ministre) recommande favoriser la mobilité des Français en modifiant la fiscalité du logement.

"Il existe un lien fort entre statut d’occupation du logement, mobilité géographique et performance du marché du travail : un marché du logement fluide pourrait être un déterminant non négligeable du taux de chômage structurel dans les économies développées." Le rapporteur poursuit en indiquant que la révision de la fiscalité du logement pourrait faciliter l’accès au logement et donc à l’emploi de certaines catégories freinées dans leur mobilité.

Le CAS relève plusieurs freins à la mobilité résidentielle dont l'ampleur des frais de notaire et "le traitement fiscal des revenus fonciers très défavorable" aux locataires qui sont par ailleurs propriétaires d'un autre logement.

Des conclusions paradoxales...

Le rapport constate, chiffre à l'appui, que les propriétaires ont une plus forte probabilité d’être au chômage que les locataires et qu’ils mettent plus de temps à retrouver du travail. Un constat qui laisse entendre que l'accès à la propriété ne fait pas bon ménage avec le taux d'emploi !

Les analystes du CAF prennent bien soin de préciser néanmoins que les pouvoirs publics ont inscrit, depuis de nombreuses années, l'accès à la propriété comme un objectif majeur pour notre pays ! Mais et je cite : "par ailleurs, on ne peut pas forcément souhaiter que tout le monde soit propriétaire, surtout dans un monde où la mobilité est de plus en plus nécessaire (...) Quand on n’est pas sûr de rester longtemps dans une ville, mieux vaut ne pas être propriétaire de sa résidence principale, sauf à la mettre en location après son départ (ce qui est actuellement coûteux en raison de la fiscalité)."

La conclusion du rapport met définitivement en lumière la complexité du "dossier" logement en France : "La recherche doit être approfondie, pour une meilleure compréhension des mécanismes à l’oeuvre : cette question fera prochainement l’objet de nouveaux travaux du CAS."

Télécharger le rapport Favoriser la mobilité résidentielle

mercredi 25 août 2010

Logement et mobilité géographique.

De nombreux rapports sur les freins à la mobilité géographique mettent en avant la cherté de l'immobilier et la difficulté de trouver un logement dans les grandes agglomérations françaises.

Et c'est vrai que si l'on compare l'âge idéal pour devenir propriétaire qui se situe à 40 ans pour 95% des français (1) et le fait que seuls 57% des ménages français sont propriétaires de leur logement (2), on voit bien qu'il y a un problème.

Mais un autre frein à la mobilité commence à émerger : la difficulté de vendre son logement. A l'heure où la crise de l'emploi fait rage (si, si) et où les emplois sont rares, les dirigeants de la Fed américaine (Banque centrale) vont même jusqu'à y voir l'une des principales raisons à la persistance d'un chômage élevé aux USA.

Conclusion : soutenir le marché de l'immobilier et l'accessibilité au logement participe à la mobilité géographique et à la réduction du chômage... Un constat dont le gouvernement devrait se rappeler quand il évoque pour des raisons d'économie, le coup de rabot sur deux dispositifs d'aide à l'accession à la propriété : le prêt à taux zéro et le Mobilipass.

(1) Sondage réalisé par Cetelem, mars 2010. (2) contre 82% en Espagne, 73% en Italie, 69% en Angleterre, 67% aux Etats-Unis...