Si dans le cadre de l'entreprise, il n'est pas toujours facile de tirer des enseignements concrets des études démographiques , leur analyse permet souvent de se remettre en tête quelques grandes vérités, de mieux comprendre dans quelle France nous vivons et quelles sont les grandes aspirations des Français avec lesquels nous travaillons. Préambule qui me permet d'introduire la publication d'une nouvelle étude de l'INSEE qui rappelle une fois de plus que la France n'est pas un territoire homogène en terme d'attractivité et d'emploi. Il suffit par exemple d'observer la carte ci-après pour s'apercevoir qu'il vaut mieux travailler à Lyon, Bordeaux ou Toulouse qu'à Colmar, Limoges ou Béziers. On s'en doutait un peu vous me direz...
Taux de croissance annuel moyen des rémunérations brutes versées sur 2004-2007 et rémunérations brutes versées en 2007.

Croissance des rémunérations, INSEE. : Télécharger la carte en format pdf.
La France de l'emploi se compose de territoires aux niveaux d’attractivité très différents.
Paris et sa banlieue regroupent les centres de décision des grandes entreprises, les universités, les grandes écoles et attirent ainsi les jeunes actifs et les étudiants. Première métropole de l’Union européenne en terme de population, Paris est la seule ville française qui jouisse d’un rayonnement à l’échelle mondiale.
Un rôle que cherche à jouer avec moins d'ambition, les grandes métropoles régionales. Attractives pour les étudiants, pour les grandes entreprises et leurs emplois, l'INSEE qualifie leur attractivité de « métropolitain » puisque leurs ressources se concentrent autour de leurs grandes villes : Lyon, Lille, Marseille, Toulouse... Dans ces métropoles, la part des emplois dans les fonctions de gestion, de prestations intellectuelles et de recherche est plus élevée qu’en moyenne nationale. La part des cadres et des diplômés du supérieur est elle aussi élevée. Près de 39% des salariés dépendent d’un groupe français, contre 30 % au niveau national, et 14 % travaillent pour un établissement appartenant à un groupe étranger, contre 12 % en moyenne nationale.
Dans le sud de la France, deux ensembles prédominent : les territoires du bassin méditerranéen qui fédèrent toutes les catégories de population et les territoires de type rural (Agen, Mont-de-Marsan, Cahors...) qui après une phase de stagnation voit de nouveau leur population augmenter. Les retraités ne sont pas les seuls à s’installer sur ces territoires, des artisans, des employés, des professions intermédiaires et des cadres viennent également y vivre.
L'Alsace (excepté Strasbourg et Mulhouse) et le Bassin houiller de Lorraine, se caractérisent par des mouvements migratoires modestes au cours des quarante dernières années. Avec des salaires horaires en moyenne plus élevés qu’au niveau national et une proportion importante de contrats à durée indéterminée, les salariés y bénéficient souvent d’une situation stable.
Le Nord de la France, marqué par l’industrie et l’agriculture, reste en panne en terme d'attractivité. Est-ce que le phénomène médiatique du film les Ch'tis transformera le destin de cette région mal-traitée par les Français et donnera de nouvelles envies de mobilité ??
Source : la France des Régions, INSEE 2010.